Lotus peut facilement être confondu avec le nénuphar, mais la culture de l’un est plus facile que l’autre. Mais alors… comment faites-vous une différence ?
Le lotus, contrairement à son cousin le nénuphar, affiche des feuilles découpées, leurs bords ondulent et se dressent bien au-dessus de la surface de l’eau, tout comme ses fleurs. Un détail frappant : ses feuilles repoussent l’eau, littéralement. La moindre goutte perle puis glisse, sans jamais pénétrer la surface. Côté nénuphar, l’eau s’infiltre. Cette singularité a marqué les ingénieurs, au point d’inspirer la création de vitres autonettoyantes, directement calquées sur ces propriétés hors normes.
Autre signe distinctif : la graine. Celle du lotus se remarque par sa taille imposante, sa forme parfaitement ronde et sa coque incroyablement solide, là où le nénuphar reste plus discret. Les chercheurs ont même retrouvé des graines de lotus vieilles de plus de 1 000 ans, capables de germer après des siècles de sommeil. Difficile de faire plus résistant.
Bonne nouvelle : faire pousser un lotus à partir de graines se révèle bien plus abordable que pour le nénuphar. Voici comment procéder, étape par étape.
Quelles méthodes privilégier ?
Pour cultiver un lotus, trois pistes s’offrent à vous. Voici les options à envisager selon votre matériel et vos envies :
- La graine
- Le rhizome
- Une plante déjà développée
Planter un lotus déjà prêt nécessite simplement de respecter la profondeur d’eau, l’exposition et la nature du sol. Mais pour comprendre toute la magie de cette plante, rien ne vaut le travail à partir de la graine ou du rhizome. C’est là que tout commence.
Faire pousser son lotus à partir d’une graine : le guide concret
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Étape de germination
Avant toute chose, il faut lever le bouclier naturel de la graine : la stratification. Cette graine, à la coque hermétique, protège son embryon de façon redoutable. Sans cette préparation, la germination restera un vœu pieux. Il s’agit ici de réveiller la graine. Pour ce faire, voici la liste du matériel à prévoir :
- Repérez l’extrémité arrondie de la graine de lotus (l’opposée de la pointe). Frottez doucement cette zone à l’aide de papier de verre, juste assez pour entamer la coque sur quelques millimètres.
- Avec précaution, incisez la graine jusqu’à apercevoir le germe vert. Attention : si le germe est touché, la graine ne poussera pas.
- Placez ensuite les graines dans de l’eau tiède, entre 25°C et 30°C idéalement. Ne laissez jamais la température descendre en dessous de 25°C : plus il fait chaud, plus la germination sera rapide. Le lotus n’est pas une plante qui tolère le froid.
- Après quatre jours environ, les premières pousses devraient apparaître. Placez alors le récipient dans un endroit bien exposé à la lumière naturelle.
- Après une semaine, les jeunes lotus présenteront deux ou trois tiges surmontées d’une petite feuille. Ils sont alors prêts pour l’étape suivante.
Pendant l’opération, changez l’eau matin et soir. Faites-le prudemment afin d’éviter tout choc thermique qui pourrait compromettre la germination.
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Le semis
Arrivé à ce stade, prévoyez quelques outils spécifiques. Voici ce qu’il vous faudra pour réussir le semis :
- Remplissez un petit panier ou pot de substrat adapté.
- Formez un trou peu profond à la surface.
- Déposez délicatement la graine germée, puis recouvrez-la légèrement. La graine doit rester près de la surface.
- Immergez lentement le pot dans un grand récipient d’eau. Laissez l’eau monter doucement jusqu’à recouvrir le sol, avec environ 5 cm d’eau au-dessus du bord du pot.
- Procédez ainsi pour chaque graine, en gardant une graine par panier pour un bon développement.
- À mesure que le lotus grandit, il faudra transplanter la plante dans des pots progressivement plus grands, jusqu’à utiliser un contenant classique, non ajouré, qui retiendra mieux la chaleur. Attention, ces jeunes pousses sont particulièrement fragiles lors des manipulations.
- Vous pourrez alors augmenter petit à petit la profondeur d’immersion selon la croissance de la plante.
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La plantation définitive
Une fois cinq feuilles bien formées, il est temps de passer à l’étape du grand bain : la plantation dans l’environnement final.
Prévoyez un grand récipient pour chaque lotus. L’espace est un facteur clé : la plante prend toute la place qu’on lui accorde, alors limitez-la au besoin. Un récipient d’au moins 30 cm de diamètre convient pour un sujet. Si vous rêvez d’un lotus sur votre terrasse, misez sur un bac profond (60 à 80 cm) et choisissez une variété naine, les grands lotus n’y survivraient pas.
Voici comment procéder pour cette étape :
- Remplissez le contenant de 20 cm de terreau aquatique.
- Installez le lotus au centre.
- Recouvrez de nouveau avec 20 cm de terre adaptée.
- Ajoutez de l’eau jusqu’à atteindre au moins 30 cm au-dessus du substrat, ou remplissez à la même hauteur si vous cultivez sur une terrasse.
- Fournissez un apport d’engrais sous forme de granulés ; le lotus est friand de nutriments.
- Pendant l’hiver, prévoyez une profondeur de 50 cm minimum pour éviter que le rhizome ne gèle. Si le doute subsiste, rentrez la plante sous véranda pour la saison froide.
- À la fin de l’été, retirez les feuilles et fleurs fanées pour favoriser la repousse l’année suivante.
Patience : il est fréquent que le lotus cultivé à partir de graines ne fleurisse qu’au bout d’une année complète.
Planter un rhizome : simplicité et précautions
Mais au fait, à quoi ressemble un rhizome ? Imaginez un gros morceau de gingembre, ou une banane allongée de plus de 30 cm. Le rhizome de lotus, c’est une réserve d’énergie prête à se réveiller dès qu’il touche l’eau.
Pour la plantation, rien de compliqué : posez le rhizome sur 40 cm de substrat aquatique dans un grand récipient. Le problème, c’est qu’il flotte. Pour le maintenir, recouvrez-le délicatement de terre, sans trop appuyer, ou placez une pierre dessus pour le maintenir au fond. Restez délicat, le rhizome casse facilement.
Notez que cette méthode concerne surtout les rhizomes divisés, car les plus gros ne tiennent jamais dans des pots de moins de 80 cm de diamètre. La division demande de l’attention : un rhizome sectionné à la va-vite ne donnera rien, il absorbera l’eau et pourrira. Il faut couper à 3-4 cm des nœuds (ces points de resserrement), pour garantir que chaque portion comporte trois bourgeons.
Pour démarrer, prévoyez entre six et neuf pastilles d’engrais, à renouveler chaque printemps pour soutenir la croissance.
Et vous, avez-vous déjà tenté l’expérience ? Vos essais se sont-ils soldés par des floraisons spectaculaires ou des surprises inattendues ? Voilà un défi botanique qui ne laisse jamais indifférent.





